Les Jeudis du CNRS

Ces rendez-vous mensuels proposent à un public curieux de venir s’informer sur des sujets variés d’actualité et d’intérêt régional et d’échanger avec des scientifiques en toute simplicité.
Se déroulant les premiers jeudi du mois de 18h à 19h30 sur le campus Joseph Aiguier à Marseille, ces conférences se veulent accessibles au plus grand nombre.
L’accès gratuit et dans la limite des places disponibles.
 
 
Jeudi 7 mars 2019
 
"Brexit : quels impacts pour l’UE et le Royaume-Uni ?"
Valérie Michel, Professeur AMU au laboratoire Droits international, comparé et européen (AMU/CNRS/U Pau/U Toulon)
 
Le Brexit sera effectif le 29 mars 2019. Il ouvre une période d’incertitude tant pour l’Union européenne que pour le Royaume-Uni, ainsi que de nombreuses questions.
 
Tout d’abord, on peut se demander si le retrait d’un État membre de l’Union n’est pas de nature à la fragiliser, tant au niveau politique qu’économique, notamment dans ses relations commerciales avec le reste du monde. Ensuite, le retrait du Royaume-Uni implique la définition de nouveaux rapports entre l’Union et cet ex-État membre devenu État tiers. Les choses pourraient être faciles si l’on s’en tenait à des considérations purement économiques. Elles le sont beaucoup moins dès lors que la construction européenne profite aux personnes en leur offrant le droit de s’établir dans un autre État membre. Le Brexit pose alors l’épineuse question du sort des anglais établis dans d’autres États et, symétriquement, des Européens établis au Royaume-Uni.
 
Valérie Michel, professeur AMU au laboratoire Droits international, comparé et européen (AMU/CNRS/U Pau/U Toulon), est spécialiste du droit européen. Elle viendra nous présenter l’épineuse question des relations à venir entre l’Union européenne et le Royaume-Uni suite au Brexit.
 
 
Jeudi 4 avril 2019
 
"Découverte de Lucy : aux origines de l’Homme"
Maurice Taieb, Ancien directeur de recherche CNRS au Centre européen de recherche et d’enseignement en géosciences de l’environnement (AMU/CDF/CNRS/INRA/IRD)
 
Le 24 novembre 1974, une équipe de chercheur, co-dirigée par Maurice Taieb, directeur de recherche CNRS au Laboratoire de géologie du Quaternaire, devenu le CEREGE, a mis au jour le squelette de l’australopithèque Lucy. La communauté internationale a reconnu très vite l’importance de cette découverte : ce squelette est le plus complet et le plus vieux obtenu à l’époque.
Les recherches pionnières avaient permis de découvrir, dès 1969, le site fossilifère d’Hadar, dans la dépression tectoniquement active de l’Afar. Depuis, d’autres fossiles d’homininés ont été découverts, notamment dans cette dépression, dans la branche orientale du Rift Est africain. Ils déterminent de nouvelles espèces d’australopithèques et de nouveaux genres, dont les âges dépassent les 6 millions d’années. Mais l’émergence du genre humain reste attribuable au site et à la formation géologique d’Hadar : il s’agit d’un crâne de 2,6 millions d’années provenant d’un niveau silteux, situé au-dessus du niveau sableux ayant livré Lucy.
 
Maurice Taieb, ancien directeur de recherche CNRS au Centre européen de recherche et d’enseignement en géosciences de l’environnement (AMU/CDF/CNRS/INRA/IRD), est l’un des découvreurs du squelette de Lucy. Il viendra nous conter l’histoire de cette découverte et de son impact sur l’histoire des origines de l’Homme.
 
 
Jeudi 2 mai 2019
 
"Réchauffement climatique : +1,5°C ou 2°C, le demi-degré qui change tout !"
Joël Guiot, Directeur de recherche CNRS au Centre européen de recherche et d’enseignement en géosciences de l’environnement (AMU/CDF/CNRS/INRA/IRD)
 
Lors de la COP-21, qui s’est tenue fin 2015 à Paris, commande a été passée au groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du Climat (GIEC) de produire un rapport sur les gains d’un réchauffement limité à 1,5 °C par rapport à 2 °C. Un rapport rendu en octobre 2018 et dont les messages sont clairs.
En 2017, le réchauffement planétaire a atteint le seuil symbolique de 1°C au-dessus du niveau préindustriel. Fonte des glaciers continentaux et des calottes polaires, hausse accélérée du niveau de la mer, augmentation de la fréquence des épisodes caniculaires… Ses effets sont déjà palpables. Il apparait donc nécessaire, et physiquement possible, de contenir cette augmentation non pas à 2°C, mais à 1,5°C.
Un demi-degré qui ferait de grosses différences. Car à 2°C, on assiste à une hausse très significative de la probabilité d’un basculement irréversible de nombreux systèmes, comme la perte des récifs coralliens dans les océans tropicaux ou la banquise arctique. De nombreux changements qui complexifient les prévisions et l’anticipation des bouleversements à venir. À l’inverse, une hausse de « seulement » 1,5 °C augmenterait nos chances de nous maintenir en deçà d’une situation climatique hors de contrôle.
 
Joël Guiot, directeur de recherche CNRS au Centre européen de recherche et d’enseignement en géosciences de l’environnement (AMU/CDF/CNRS/INRA/IRD), a participé à la rédaction de ce rapport. Il viendra faire le point et nous présenter les moyens de contenir le réchauffement à 1,5°C, ce qui passe avant tout par des objectifs et une coopération planétaires.
 
 
Jeudi 6 juin 2019
 
Des "plastiques" antibactériens : un nouvel espoir contre la résistance aux antibiotiques ?
Catherine Lefay, Maître de conférences AMU à l’Institut de chimie radicalaire (AMU/CNRS)
 
La résistance aux antibiotiques est devenue un enjeu de santé publique majeur, le développement de bactéries multi-résistantes étant responsable de plusieurs milliers de décès par an (ex : maladies nosocomiales dans le domaine hospitalier).
Les matériaux organiques appelés polymères, ou plus communément « plastiques », font partie intégrante de la vie quotidienne et se retrouvent dans de très nombreuses applications (construction, vêtements, revêtements, emballage, peinture …). Des matériaux de type plastique intrinsèquement antibactériens seraient donc une solution de choix pour prévenir les infections que ce soit dans les lieux publiques ou au niveau domestique.
Dans cette optique, des équipes de chercheurs ont développé une méthode simple et efficace pour conférer une activité antibactérienne à de nombreuses familles de polymère, et ce sans utiliser d’antibiotique ou de composé biocide. Cette méthodologie repose sur l’insertion de copolymères, ou macromolécules synthétiques antibactériennes, au sein de matrices de polymère.
Les économistes ont longtemps expliqué la fraude par un calcul rationnel de l’individu comparant ses bénéfices (revenu accru) et ses risques de détection et sanction. Cette approche a montré ses limites. Sous l’influence de l’économie comportementale et d’expériences en laboratoire et de terrain, on connaît mieux le rôle des incitations monétaires dans le déclenchement des comportements non éthiques ainsi que leurs déterminants non monétaires. Ainsi, si certains sont inconditionnellement honnêtes ou malhonnêtes, la plupart des individus sont sensibles au coût moral de la fraude et à l’exemple des autres.
Dès lors, comment concevoir des politiques plus efficaces ? Faut-il privilégier la sanction ou l’incitation positive ? L’appel à la moralité a-t-elle un effet ? Le renforcement des contrôles peut-il avoir des effets contraires ?
 
Catherine Lefay est maître de conférences AMU à l’Institut de chimie radicalaire (AMU/CNRS). Au sein de son équipe, et en collaboration avec des chercheurs de l’Institut des sciences moléculaires de Marseille (AMU/CNRS/CM), elle a participé au développement de cette technique, dont les implications en termes de santé publique pourraient être très importantes.
 
 
Jeudi 5 septembre 2019
 
"Le vin à la conquête du monde, des côtes américaines à l’empire du milieu"
Danielle Cornot, Maître de conférence Université de Toulouse Jean-Jaurès et membre du Centre d’études et de recherche travail organisation pouvoir (CNRS/U Toulouse II/U Toulouse III)
 
Alors que l’image du vin est toujours très liée à celle de la France, de nouveaux pays qui n’étaient traditionnellement pas consommateurs, les Etats-Unis, la Malaisie et la Chine notamment, s’ouvrent à sa consommation et à sa production. Un processus de métissage est à l’œuvre dans la redéfinition de ce qu’est le vin et dans la construction d’une nouvelle culture du vin et d’un nouveau marché. Les Etats-Unis furent les pionniers dans les années 1960-1970, l’Asie a suivi dans les années 1980-1990.
Le vin est tout d’abord devenu l’apanage d’une classe éduquée et cosmopolite, notamment chez les jeunes générations désireuses de se distinguer de leurs aînés et d’affirmer leur intérêt pour la complexité, la modération et le - bon - goût.
Une analyse de la production et des pratiques de consommation révèle l’intégration du vin dans les modèles économiques et dans le système de valeurs et de croyances. Le vin en tant qu’objet culturel et symbolique permet à chaque nouveau pays consommateur de s’approprier son image et de la façonner pour l’adapter à son système économique et social, donnant ainsi naissance à une culture du vin métissée, faite d’emprunts, de créations et de multiples réinterprétations.
 
Danielle Cornot, maître de conférence Université de Toulouse Jean-Jaurès et membre du Centre d’études et de recherche travail organisation pouvoir (CNRS/U Toulouse II/U Toulouse III), est co-fondatrice du groupe de recherche In Vino Varietas qui a pour but de bâtir un espace scientifique dédié à la pluridisciplinarité des recherches dans le domaine du vin.
 

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