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GENEPRED, numérique et biologie

Spécialisée dans la médecine prédictive dont les recherches, très prometteuses, devraient aboutir rapidement à une mise sur le marché. Rencontre avec Pierre Dessein, l’un de ses dirigeants.

Qui sont les dirigeants de Genepred ?
Nous sommes trois fondateurs : Alain Dessein, Pierre Dessein et Bruno Dessein. Nous avons la particularité de diriger une biotech familiale puisque Bruno est mon frère et Alain, notre père. Si cela est atypique, notre équipe s’est construite de cette manière car nous avions tous des formations complémentaires : J’étais avocat d’affaire spécialisé en Private Equity, mon frère Bruno est ingénieur en immunogénétique, spécialisé dans le management QSE (Qualité, Sécurité, Environnement). Alain est un chercheur qui a fait toute sa carrière dans la génétique et a plus particulièrement travaillé sur les maladies parasitaires. Il dirige encore aujourd’hui l’unité de recherche mixte UMR 906.
Sortis de ce cadre familial, nous avons rapidement cherché des compétences supplémentaires. C’est ainsi que nous avons associé Laurène Maerten et Nicolas Roussel à notre projet. Nicolas apporte sa connaissance des biotechs et son expérience en stratégie pour établir celle de Genepred vis-à-vis du marché. Enfin, Laurène, qui a une formation d’ingénieur et travaille depuis plus de 10 ans dans de grandes banques et cabinets d’audits internationaux, nous a rejoint en qualité de Directrice Administrative et Financière. Nos profils très différents et complémentaires nous permettent de  construire une équipe solide pour se donner les moyens de réussir et convaincre les investisseurs.

Pourquoi avoir créé cette société ?
Le point de départ, ce sont les recherches d’Alain Dessein sur les patients ayant contracté la bilharziose, qui est une maladie parasitaire présente notamment en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie. L’UMR 906 a recherché quels facteurs causent l’aggravation des fibroses hépatiques chez les patients infectés par les schistosomes (parasites de la bilharziose). Ces travaux ont montré que les fibroses graves sont déterminées par des modifications dans la séquence de certains gènes dans le génome des patients. Les fondateurs de Genepred se sont basés sur les travaux réalisés sur les schistosomes pour identifier et breveter des marqueurs génétiques de la fibrose– cirrhose et hépatocarcinome (cancer du foie) causée par le virus de l’hépatite C. Genepred est née de la volonté d’utiliser ces découvertes dans la compréhension du mécanisme des fibroses causées par des pathologies qui touchent des patients à l’échelle mondiale.
A termes, nous espérons réinvestir nos gains personnels que pourraient apporter un gros marché pharmaceutique comme celui de l’hépatite.

En quoi consiste votre activité ?
Genepred identifie et développe des marqueurs génétiques prédictifs des fibroses graves et des outils de prédiction de l’évolution de ces fibroses. Le premier outil diagnostic proposé concernera la prédiction de la fibrose hépatique : grâce à des marqueurs génétiques recherchés sur les patients infectés par l’hépatite C, nous serons à-mêmes de déterminer ceux présentant le plus fort risque de développer les formes les plus graves de la maladie que sont la cirrhose et le cancer du foie.
Cette prédiction de la fibrose hépatique permettra aux hépatologues de rationaliser la prescription des traitements anti HCV, augmentant ainsi les chances de survie des patients. Cela répond aussi à des préoccupations financières gouvernementales, puisque les traitements sont très chers et cela permettra d’optimiser les coûts.

Aujourd’hui, ce test est-il opérationnel ?
Nous en sommes encore à la découverte et au dépôt de brevets sur les marqueurs. Nous allons lancer une étude clinique sur au moins 5 000 patients pour affiner notre test. Genepred travaille avec l’unité mixte 906 de la Timone dans une logique de partenariat public/privé avec une copropriété sur les brevets qui résultent de nos recherches. Nous tablons sur une mise sur le marché de notre premier test en 2017, ce qui est relativement à court terme dans le monde de la biotech et par rapport à notre parcours.

Justement, quel a été votre parcours dans la création d’entreprise ?
Tout a démarré en 2010 sur cette idée de capitaliser sur les recherches d’Alain, accompagnés par l’incubateur Impulse. Nous avons été lauréats du Concours National de la Création d’Entreprise de Technologie Innovantes, ce qui nous a permis de mener des études de marché, de continuer d’avancer dans la recherche et de payer les premiers brevets. Le fait que nous soyons ensuite lauréats de Créadev a agit comme un accélérateur : nous sommes parvenus à réaliser une première levée de fond avec des Business Angel et avons pris la décision de nous installer en pépinière d’entreprises. Aujourd’hui, nous cherchons des investisseurs privés pour continuer notre développement et atteindre nos objectifs.

Pourquoi avoir choisi la pépinière de Grand Luminy pour votre installation ?
C’est un environnement propice à la recherche et à l’innovation du fait des établissements qui y sont installés. Rejoindre la pépinière de Grand Luminy nous permet une certaine émulation et la fréquentation d’autres dirigeants de start-up biotech qui travaillent dans les mêmes domaines que nous et traversent les mêmes phases de développement d’entreprise. Les rencontres organisées Grand Luminy favorisent ces échanges. Il y a aussi le cadre, la proximité avec la nature et la possibilité de faire du sport le midi qui sont de véritables luxes !

Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?
Nous allons investir dans des machines de génotypages nouvelle génération afin de réaliser une partie de l’étude. Ces machines seront aussi à disposition de l’unité mixte partenaire pour d’autres recherches. En résumé, nous allons continuer de travailler !

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